« À AUXONNE, LES PETITS COMMERÇANTS FONT DE LA RÉSISTANCE » (2) - du 07 octobre 2016 (J+2851 après le vote négatif fondateur)

Après une petite interruption, liée à la richesse de l’information locale, nous reprenons aujourd’hui notre série « À Auxonne, les petits commerçants font de la résistance » commencée le 28 septembre dernier.

« À AUXONNE, LES PETITS COMMERÇANTS FONT DE LA RÉSISTANCE » (1) - du 28 Septembre 2016

Dans le premier numéro de cette série, nous avions cité un article du Bien public du 7 juin dernier, intitulé « AUXONNE COMMERCE Rue Thiers, une portion du centre-ville délaissée ? ». Une information récente semblerait démentir ce délaissement. D’où je tiens cela ? Ce n’est pas compliqué. Je suis sûr que vous avez pris la peine de lire le grand article du Bien public du 29 septembre dernier, intitulé « AUXONNE CONSEIL MUNICIPAL Une cité en pleine effervescence ». Vous en avez eu pour votre argent, pas vrai ?

Après l’inventaire à la Prévert de tous les Travaux d’Hercule passés, présents et à venir, vous aurez peut-être découvert un petit encart, en bas à droite, annonçant l’affectation d’un « local […] 22 rue Thiers » à la « mission pour la revitalisation du centre-ville ». Conclusion, voilà au moins une boutique vide réaffectée !

Elle est pour l’heure déjà meublée sans chichis, et avec une sobriété qui ravirait l’Abbé Pierre ! Mais que sont devenues les fleurs qui faisaient naguère le charme de cette boutique ? Rassurez-vous, elles n’ont pas quitté le centre-ville pour le Charmoy ! Épanouies ou en bouton, elles parfument à présent la rue Antoine Masson ! Mais revenons à nos moutons !

Avec le deuxième numéro de cette série, se poursuit notre commentaire du reportage de France bleu diffusé le 26 août dernier et intitulé « À Auxonne, les petits commerçants font de la résistance »

Ce reportage a été le bienvenu car c’est une des rares informations diffusée ces derniers mois sur la question de la zone du Charmoy et en particulier sur les effets de l’ouverture de l’hyper Leclerc sur l’animation du centre-ville.

Cependant, le titre, comme nous l’avons déjà souligné, en est pourtant très mal choisi et ne traduit absolument pas la réalité. Il faut bien le reconnaître, les petits commerçants ont cessé de résister. À leur décharge, signalons que par la diligence empressée et la légendaire « discrétion » de notre maire Raoul Langlois, Leclerc règne à présent en pays conquis.

La concurrence exacerbée entre grandes surfaces, si elle semble faire le beurre du « consommateur » ne manque pas, en outre, d’avoir des effets collatéraux sur le petit commerce de centre-ville. Dans le même temps, la municipalité se drape dans son projet de « revitalisation » en trompe l’œil tout en continuant d’assister sans trop d’états d’âme, à la mort du petit commerce !

Si la résistance des commerçants avait pu avoir encore un objet, celui-ci aurait pu être l’extension d’environ 1000 m2 projetée au Charmoy et autorisée récemment à l’unanimité par la CDAC du 13 septembre dernier, et les autres extensions qui ne manqueront pas de suivre.…

Mais les nouveaux représentants de l’Union Commerciale n’ont pas semblé, en la matière, ni disposés, ni à même de poursuivre le combat mené par leurs prédécesseurs. On peut les comprendre. Désarmés, voire marginalisés avant d’être revitalisés, ils ne se risquent plus à encourir les foudres édilitaires que leurs prédécesseurs de l’UCIAA avaient essuyés dans Inf’Auxonne n° 31 de janvier 2011 en ces termes :

« … les représentants du commerce auxonnais, obnubilés par la lutte contre l’implantation d’une troisième grande surface se sont fourvoyés dans une alliance contre nature avec les grandes surfaces locales. Se mêlant ainsi d’un combat qui de toute évidence ne les concernaient [sic] pas, en scellant cette alliance de la carpe et du lapin, ils ont fait perdre de vue à leurs mandants les questions essentielles […] ».

C’est sans doute la raison pour laquelle, selon les termes du reportage : « Du côté de la mairie d’Auxonne, [N.D.L.R. : où Monsieur Langlois et son équipe préfèrent, quant à eux, sceller d’autres alliances !] Nathalie Roussel, adjointe aux affaires économiques trouve malgré tout que l’animosité du côté des commerçants du centre-ville est bien retombée : « Ça s’est bien calmé et puis, je pense que c’est plutôt les hypermarchés, oui, qui se font la guerre. C’est plus eux qui ont dû avoir une baisse de leur chiffre d’affaires, que les commerces de centre-ville. » »

C’est clair, « ça s’est bien calmé ». Disons que l’Union Commerciale usée dans les précédents combats, et frappée par des fermetures présentes et à venir, a fini par baisser la garde avant de baisser le rideau. C’est dans la cour des grands qu’on se bagarre à présent, car comme le dit notre conseillère : « c’est plutôt les hypermarchés qui se font la guerre ». Il aurait fallu plutôt dire que c’est la guerre entre les supermarchés déjà présents et le nouvel hypermarché, car jusqu’à preuve du contraire, il n’y a qu’un hypermarché à Auxonne, celui que Monsieur Langlois, Cheval de Troie discret, y a fait entrer !

Il est vrai, comme le montre tout le cours de notre blog, que la terminologie la plus fantaisiste a souvent présidé à la désignation de l’hypermarché du Charmoy ! La circulaire municipale d’incitation au vote pour la consultation de juin 2010 n’annonçait-elle pas pour le Charmoy cette chimère : un « supermarché à dominante non alimentaire » !

PATRIMOINE ET CITOYENNETÉ (2) - du 18 Septembre 2016

Conclusion du reporter « les grandes enseignes de la ville semblent se livrer une guerre sans merci pour se chiper des clients. Avec parfois des dommages collatéraux pour certains commerces du centre-ville ».

Le reporter avait d’ailleurs pointé en ouverture l’une des causes évidente de cette guerre, la pléthore actuelle évidente de grandes surfaces à Auxonne, en ces termes : « Mais avec déjà Intermarché, Casino, Lidl et Netto, ce Leclerc est la cinquième grande surface dans cette petite ville de presque 8.000 habitants ! ». Le reporter en conclut prudemment : « D'où peut-être les réticences de la Commission nationale d'aménagement commercial qui a longtemps retoqué ce projet vieux de dix ans. »

En fait, la CNAC n’a « retoqué » qu’une seule fois le projet en 2010, contrairement à la CDAC, pour finalement l’accepter en 2012, dans un revirement remarqué. On admirera le retournement des arguments !

LES CHARMOISES DE SCHRÖDINGER-du 28 août 2013

Conséquence, la densité commerciale alimentaire explose dans la région d’Auxonne. En contradiction totale avec le vote négatif du 17 décembre 2008 qui avait répondu non à la question : « Etes vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? ». Vote que Raoul Langlois devait retourner comme une crêpe à la Chandeleur 2009 avec le concours du groupe Leclerc !

À suivre…

Dernière minute : C’est avec le sourire que Le Bien public de ce jour nous présente la personne chargée de mission, qui devra coordonner durant 3 ans le projet de revitalisation du centre-ville d’Auxonne. Nous souhaitons qu’elle découvre rapidement notre blog !

Le local du 22 rue Thiers dont nous avons parlé plus haut est sans doute celui dont il est question dans une des réponses de la chargée de mission : « Rapidement, un local sera mis à disposition en centre-ville pour mettre en œuvre des ateliers avec des permanences pour accueillir la population. Ce sera ludique, même les enfants pourront y participer ». Du sang neuf, donc, pour la rue Thiers !

Afflux alimentaire à Charmoy-City

Afflux alimentaire à Charmoy-City

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 07 octobre 2016 (J+2851 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Revue de presse

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