UN WESTERN AUXONNAIS : LA CONQUÊTE DU CHARMOY - du 02 MARS 2015 (J+2266  après le vote négatif fondateur)

    Loin des grands espaces du Nouveau Monde, sur le sol bien cadastré de notre vieux pays où les indiens sont devenus rares, l’esprit de la « Frontière » n’a pas disparu pour autant, comme certains pourraient le croire. S’établir toujours plus avant sur des zones encore incontrôlées, recélant des ressources de clientèle potentielles, ponctuer la grande carte du territoire, affichée au siège central, d’établissements toujours plus nombreux, tel est l’objectif que poursuivent de grands groupes au nom des idéaux philanthropiques  qu’ils proclament et que des médias dociles répercutent en chœur : apporter emploi et pouvoir d’achat !

    Le caractère clairement conquérant et assez peu désintéressé de la démarche peut, à l’occasion, transparaître sans fard dans le discours : « On veut le conquérir [le marché] et aller titiller nos concurrents. Il y a tout de même une potentialité de 28 millions d’euros à prendre » (Le Bien Public du 13 janvier 2011 dans l’article intitulé  « AUXONNE. Pour mettre toutes les chances de son côté, la direction de Leclerc a modifié son offre. OUI À l’HYPER, NON AU BRICO ! »).

    Depuis plus de six ans (2266 jours exactement aujourd’hui), la Conquête du Charmoy, et ses innombrables épisodes, est devenue la série préférée des Auxonnais(e)s. « 28 millions d’euros à prendre », ça fait combien de dollars shérif ? Et puis, le maire « audacieux »  de Charmoy City est bien remonté depuis qu’un homme d’affaires venu de l’Est lui a dit : « Faire un hypermarché sur sa commune, c’est partir au feu ». N’oublie pas tes guns Rawl !

     Au lendemain d’un Carnaval un peu humide, Claudi, qui n’a pas l’intention d’enterrer la hache de guerre, a voulu faire d’une pierre deux coups : illustrer le passionnant western auxonnais en jaune-fluo et technicolor et rendre hommage à une figure mythique du Carnaval d’Auxonne injustement oubliée dans un récent article du Bien Public du 24 février dernier relatant la 43e  édition du Carnaval en 1965.

    Je ne pourrais le parier, mais il est à peu près sûr, que cette année-là le « Phonphonse » ouvrait la cavalcade fièrement campé sur son cheval, comme il le fit dans les années d’après-guerre et jusqu’au cœur des Trente glorieuses, où l’âge venu, il finit par dételer.

    La photo du « Phonphonse » qui a inspiré Claudi, je l’ai achetée, il y a une trentaine d’années dans une vente animée avec humour par Me Droin, comme il savait si bien le faire ! Au temps de mon adolescence et de ma jeunesse, le « Phonphonse » était connu à Auxonne comme le loup blanc. Il n’avait rien d’un conformiste, ce jeune dandy des années 30 roulant en Torpédo rouge dont me parlaient, avec des sous-entendus appuyés, mes aînés. Devenu, dans les années 50 et 60, le gardien botté de la décharge fumante de la Route de Chevigny, il en tirait parfois des trésors. Superbe chineur au verbe haut, il était, avant l’heure, un pionnier du tri sélectif ! Le Carnaval était son heure de gloire annuelle et aussi un peu son gagne-pain, car dans sa ferme bric-à-brac, voisine de la décharge et tenue par une vieille bonne assez peu engageante, il avait une grange pleine de costumes qu’il louait et qu’il confectionnait aussi. Je garde un souvenir sympathique de cet homme original qui me fit faire quelques bonnes trouvailles en matière de… brocante et j’ai grand plaisir à faire revivre son souvenir aujourd’hui, à l’heure où le travestissement du carnaval a quelque peu perdu de sa charge transgressive.

    Claudi remercie John Ford et le « Phonphonse » pour leur prestigieuse, bien qu’involontaire, contribution à l’illustration de la conquête du Charmoy.

Conquête du Charmoy

Conquête du Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 02 Mars 2015 (J+2266 après le vote négatif fondateur)

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