AUXONNE, CINÉMA : LES BIJOUX DE L'EMPIRE - du 10 février 2026 (Jour 596 de la nouvelle ère de Chantecler)

 

Quittons la terre (qui ne ment pas), le Maréchal, le Chanoine et sa soutane « pour aller au cresson » (on désignait ainsi en langage populaire un pantalon trop court), figures évoqué(e)s dans notre précédent article en lien ci-dessous

AUXONNE : RETOUR À LA TERRE AVEC LE CHANOINE - du 07 février 2026

Et revenons-en à la chronique de notre cinéma l'Empire dont la programmation s'est révélée aussi riche que variée la semaine dernière où nous aurons pu découvrir successivement : « Furcy, né libre » de Abd Al Malik, « Les échos du passé » de Mascha Schilinski et « Supplique à nos fantômes » de Xavier Pestuggia. La dernière de ces projections faisait l'objet, à l'issue de la projection, d'un échange entre le réalisateur et la salle. Échange dont le réalisateur lui-même devait souligner la qualité.

Du premier de ces films, grande fresque historique des tribulations d'un homme noir dans un monde de cruauté et d'injustice sociale et raciale, dépeinte dans la veine de Victor Hugo, nous ne soulignerons que quelques traits dominants : splendeur colorée et violence du monde tropical de l'Océan Indien soulignée par le contraste entre la chair abominablement martyrisée des esclaves et le cynisme pomponné et poudré des maîtres servis pour leurs basses œuvres par leurs hommes de main et leurs molosses.

Brochant sur ce tableau cruel aux contrastes saisissants, on notera pour finir l'omniprésence d'un discours très complexe sur le droit et la justice porté pour une bonne part et avec maestria par Romain Duris, du rôle de procureur à celui d'avocat.

C'est dans une spatialité beaucoup plus restreinte, une ferme traditionnelle quelque part en ex-RDA (Allemagne de l'Est), et la campagne environnante, que se déroule le second film. Cette spatialité étroite s'oppose à une temporalité beaucoup plus large et plus que séculaire qui conduit le spectateur du début du siècle dernier à notre temps.

Film complexe, obscur, énigmatique dont le titre français « Les Échos du passé » pourrait suggérer une succession de réminiscences ou la consultation nostalgique et chronologique d'un vieil album de photos de famille, ce qui n'est qu'une mince part du propos.

Le titre allemand du film « In die Sonne schauen » contraste par sa violence immédiate avec le titre français.

« Regarder le soleil », traduction française de « In die Sonne schauen », action aveuglante et dangereuse s'il en est, suggère un tout autre registre que celui des réminiscences du passé que suggère « Les Échos du passé ». Ce qui n'est pas le cas du titre anglais « Sound of falling » (le son de la chute en français)

Commenter verbalement ce film dans sa complexité tiendrait de la gageure aussi nous y renoncerons. Chaque spectateur(e) le recevra en référence à ses fantasmes, ses obsessions, ses expériences personnelles. Sur ce terreau psychique le spectacle engendrera émotions, désorientations, répulsions, voire désintérêt et ennui profond.

Plutôt que de tenter un impossible commentaire en paroles, j'ai laissé Claudi, mon « Doppelgänger imagier », puiser dans mes « archives alsaciennes ». Nommé dans mon premier poste d'enseignant à Cuebwiller autour de l'année 1970 j'y découvris un monde dont je m'épris des particularismes germaniques dialectaux architecturaux et autres.

Déjà fouineur et curieux de vieilleries, j'y collectai vieux papiers et vieilles photos d'albums de famille. Claudi a choisi les images de sa composition dans l'album souvenir d'un militaire alsacien ayant accompli son service militaire en 1906-1907 dans le 2ème régiment de chemin de fer de la garde impériale à Berlin ainsi que dans un journal intime de la même époque illustré de dessins et de coupures de magazines allemands du temps.

Ces photos, dont l'une pourra vous surprendre, et ces diverses images m'ont semblé faire écho aux « Échos du passé ».

Auxonne, ciné, en écho aux échos du passé

Auxonne, ciné, en écho aux échos du passé

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 10 février 2026 (Jour 596 de la nouvelle ère de Chantecler)

Publié dans Côté cinéma

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