IMAGES NAPOLÉONIENNES ET FRANCO-RUSSES (9)- du 08 avril 2022 (J+4860 après le vote négatif fondateur)

En cherchant le Mamelon Vert, cette colline culminant à 120 m située au sud-est de Sébastopol, en avant de l’enceinte fortifiée, à 1 km environ de la colline de Malakoff, en la cherchant sur les cartes et dans les textes, nous avons découvert que cette colline ainsi nommée par les Français, pouvait à l’occasion changer de nom, ce qui ne facilite pas toujours la tâche

Nos alliés britanniques en Crimée, qui ne font jamais comme tout le monde, la nommaient ainsi Gordon Hill.

Quant aux Russes ils ont utilisé quatre noms pour la nommer Зелёный холм (Colline verte), Кривая пятка (Talon tordu)Камчатский люнет (lunette du Kamchatka), Камчатка ( Kamchatka)

La première dénomination est évidente, la seconde franchement obscure, les deux suivantes ont une origine purement militaire.

En effet, pour parler en termes de sapeur, une lunette est un ouvrage défensif avancé, ce que devint le Mamelon Vert à l’approche du corps expéditionnaire franco-britannique comme nous l’avons vu dans l’épisode précédent. On comprend tout lorsque l’on sait que l’un des régiments, ayant construit et défendu la fortification, provenait du Kamchatka à l’autre bout de l’Empire russe.

Le Mamelon Vert sera enlevé par les troupes françaises le 7 juin 1855, lors de l’assaut qui marquera définitivement dans sa chair le soldat Bouvot, futur patron de l’auberge de Magny-Montarlot.

Au temps où le soldat Bouvot servait en Crimée, un jeune homme à peine plus âgé que lui, et presque son conscrit, s’y trouvait aussi. En effet, dans le camp adverse, le jeune Léon Tolstoï servait comme officier d’artillerie, plus précisément sur le 4ème bastion ou Bastion du mât. Les feux de sa batterie face au sud ne furent jamais dirigés sur le Mamelon Vert situé plus de deux kilomètres à l’ouest et battu par les feux du Malakoff.

Nos fidèles lecteurs pourront situer les lieux cités sur la carte diffusée en PDF dans le précédent article de notre série

IMAGES NAPOLÉONIENNES ET FRANCO-RUSSES (8)- du 31 mars 2022

De cette expérience, naîtront les Récits de Sébastopol, œuvre de jeunesse publiée en 1855. Tolstoï, auteur du célèbre Guerre et Paix, s’y révèle déjà un grand écrivain doué d’un talent magistral de correspondant de guerre.

Nous proposons à nos lecteurs les premières pages d’une traduction partielle de l’œuvre, parue en français en 1902. Dans ces pages, écrites en mai 1855, peu de jours avant l’assaut du Mamelon Vert, il est justement question de cette « colline verte ».

L’illustration du jour montre le jeune Tolstoï, observateur lucide des horreurs de la guerre.

Dans notre prochain épisode, nous retrouverons le soldat Denis Bouvot de Magny-Montarlot.

 

Mais en attendant, pour finir, un petit retour au présent et à une campagne qui se terminera ce soir à minuit quand auront cessé les assauts médiatiques à la tribune et les hourras des bons petits soldats dans des salles bourrées à bloc et chauffées à blanc.

NOS BRAVES SUR LA « LIGNE BLEUE DEVOSGE »- du 03 avril 2022

Le jeune Tolstoï à Sébastopol.jpg

Le jeune Tolstoï à Sébastopol.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 08 avril 2022 (J+4860 après le vote négatif fondateur)

Visions d’histoire

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